réunion collectivitésA la faveur de nouveaux projets de chaufferies collectives au bois déchiqueté, plusieurs territoires du département relancent des études ou des plans d'action pour développer des filières d'approvisionnement local en bois énergie. Le contexte d'augmentation du prix des énergies en ce début d'année 2012 participe à ce regain d'intérêt. C'est le cas notamment de la communauté de Commune Caux Vallée de Seine, le parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, le Pays de Bray et la CREA (Communauté de l’Agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe).

 

La Communauté de Communes Caux Vallée de Seine

La CVS (Communauté de communes Caux Vallée de Seine) a, depuis 2008, engagé une réflexion poussée sur la valorisation énergétique du bois issu de l'entretien des berges de la Seine en particulier. En partenariat avec l'association d'insertion Bateau de Brotonne, une étude réalisée par le bureau Auxilia sur les potentialités de cette filière avait été menée en 2009.

Aujourd'hui, plusieurs éléments donnent un nouvel élan au projet :

  • deux projets de réseaux de chaleur sont en cours d'étude à Caudebec-en-Caux et Notre-Dame-de-Gravenchon, pouvant assurer des débouchés importants.
  • Le cours des énergies fossiles atteint de nouveau des sommets
C'est dans ce contexte que la CVS  a invité les acteurs de la filière bois-énergie à une réunion en octobre dernier sur les pistes d’approvisionnement local de la future chaufferie collective de Notre-Dame-de-Gravenchon.

Il a été envisagé l’organisation d’animation spécifique au territoire à destination des élus et des détenteurs de ressources en bois. Les défis Ruraux y contribueront en 2012.

 

Le parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

En 2009, le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande avait accompagné le projet de mise en place d’un chantier d’insertion sur la valorisation bois-énergie piloté par la Communauté de communes Caux Vallée de Seine. Une journée d’échange d’expériences avait notamment été organisée par le parc pour rencontrer les différents acteurs d’une filière bois-énergie basée sur l'exploitation des haies agricoles en Basse-Normandie. De 2010 à fin 2011, le parc est entré en phase de révision de sa charte et le diagnostic du territoire a mis en évidence l’intérêt du développement de la filière bois-énergie sur son territoire. Cela se traduit par des objectifs et actions concrètes de développement de la filière dans la future Charte du Parc pour 2013-2025. En préfiguration de ce travail, plusieurs actions sont d’ores et déjà prévues :

  •  L'iinstallation d’une chaudière à bois déchiqueté à la Maison du Parc pour servir de lieu témoin afin de promouvoir la filière (étude de faisabilité réalisée, recherche de financements en cours)
  •  L’organisation en association avec les Défis Ruraux de journées de sensibilisation et de formation sur le bois énergie. Un voyage d’étude dans l’Orne pourrait également être envisagé pour fin 2012 

Par ailleurs, le parc organisera cette année des chantiers d’élagage d’arbres taillés en têtards dans un objectif de préservation de la biodiversité et des paysages de Vallée de Seine. Des débouchés bois-énergie pour les résidus de ces chantiers seront recherchés. Pour le moment, les modalités d’organisation de la filière qui en résultera ne sont pas définies.

 

Le Pays de Bray

Le Pays de Bray a fait une priorité du maintien du paysage bocager et de sa valorisation énergétique. Les Défis Ruraux ont participé à une réunion pour la charte forestière du Pays de Bray. Mais là encore, c’est l’absence de débouchés qui, pour le moment, freine le bois énergie. Cependant, 2 chaudières devraient bientôt voir le jour et créer les premiers débouchés pour le bois du pays 

 

La CREA (Communauté de l’Agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe)

Depuis 2004 les massifs forestiers de la CREA sont intégrés dans une démarche locale d’aménagement et de développement nommée charte forestière de territoire. Ce document, constitué d’un vaste programme d’actions en faveur de la forêt, prévoit notamment la mise en œuvre d’un plan de développement de massifs (PDM) en forêt privée (environ 40 % des forêts de la CREA). Celui-ci a officiellement débuté en janvier 2012 par la contractualisation d’un accord entre la CREA et le CRPF, maître d’ouvrage de cette action. Il vise notamment à augmenter la mobilisation des bois des forêts privées afin de participer à la création et l’approvisionnement de filières locales bois énergie. Parallèlement, la CREA a lancé avec Biomasse Normandie une enquête sur les chaudières bois existantes et en projet sur son territoire pour alimenter les réflexions en matière de filière courte. 

litière boisFrédéric Durand, éleveur de vaches allaitantes en Vallée de Seine, a opté, cet hiver pour un paillage au bois déchiqueté. Le jeune agriculteur ne dispose pas de terres en quantité suffisante pour produire sa paille et se retrouve donc contraint chaque année d’en acheter à ses voisins. Aussi, en recherche d’autonomie, il a souhaité valoriser ses ressources en bois bocager, abondantes sur son exploitation constituée essentiellement de prairies pâturées.

Une partie de son troupeau - 36 génisses de 1 an - a été hivernée, fin décembre, sur une aire de 250 m2 recouverte d’une épaisse couche (15 cm) de bois déchiqueté produit au printemps dernier. L’éleveur se réjouit de n’avoir eu à intervenir qu’au bout d’un mois et demi, en rajoutant 2 balles-rondes de paille pour faire tampon. Il prévoit, par la suite, d’ajouter une petite épaisseur (8 cm) de bois déchiqueté toutes les 3 semaines.

Notre éleveur est pleinement satisfait de l’expérience qui semble apporter confort et propreté aux vaches, tout en réduisant considérablement son temps de travail. Le fumier ainsi produit constitue par ailleurs un excellent engrais structurant à restituer au sol.

Une expérience convaincante à pérenniser !

Chantier de déchiquetageLes Défis Ruraux proposent à tous les agriculteurs une formation sur les moyens de valoriser le bois de haie sur son exploitation : déchiqueter son bois, installer une chaudière au bois déchiqueté, vendre son bois déchiqueté...

Cette formation d'un jour 1/2 débutera mardi 6 mars et proposera des temps d'apports théoriques et des visites de terrain.

Téléchargez le programme de formation ici.

 

 

Compte-rendu de la journée de visite du 4 Novembre 2011.

Visite de chaudières collectivesLe 4 novembre 2011, 34 élus et techniciens représentant 14 collectivités ont assisté à tout ou partie d'une série de 4 visites de chaufferie bois en Seine-Maritime. Cette journée avait pour but l'information sur les atouts et les contraintes du chauffage au bois des bâtiments publics de petites collectivités.
Le circuit partait de la maison des forêts à Saint-Etienne-du-Rouvray puis passait par la mairie de Notre-Dame-de-Bondeville avant de découvrir la toute première chaufferie bois déchiqueté collective du département à l'école de Jumièges (installation en 1991). Enfin M. Ropers, maire de Vatteville-la-Rue, a présenté la démarche originale de sa commune forestière qui valorise le bois bûche pour chauffer le groupe scolaire municipal.

Les Défis Ruraux ont mené une double enquête auprès des installateurs chauffagistes labellisés Qualibois et des utilisateurs de chaudière automatique afin de :

  1. établir un suivi le plus exhaustif possible de ces équipements à usage domestique et agricole (les chaudières collectives sont suivies par Biomasse Normandie)
  2. établir des références à partir des retours qualité sur les différentes marques et types d'équipements

59 chaudières Biomasse automatiques, agricoles et domestiques, ont ainsi été recensées dans le département. (Visualisez la carte ici)