Formation haiesLa nouvelle chaufferie bois de Longueville-sur-Scie a accueilli les 17 et 18 novembre une formation sur la maintenance des chaufferies bois à destination des personnels communaux qui ont la charge de conduire ces équipements. 7 agents communaux de Seine-Maritime mais aussi de l'Orne ont assisté à cette formation ainsi que 3 animateurs bois énergie. L'intervenant du CRER (Centre Régional des Énergies Renouvelables) Poitou-Charentes a apporté sa maîtrise technique du sujet et des outils de suivi qui ont été appréciés par tous les participants.
Le rôle de l'agent communal est essentiel pour le bon fonctionnement d'une chaufferie bois déchiqueté de faible puissance. En effet, il est difficilement rentable d'engager un contrat d'exploitation complet dans cette gamme de puissance et la collectivité doit donc compter sur son personnel : il doit être en mesure d'assurer la maintenance courante et de solliciter le chauffagiste en cas de panne et pour une visite d'entretien annuel.
Pour obtenir un fonctionnement satisfaisant, la mise en œuvre d'une chaufferie bois obéit à des règles différentes des habitudes pratiquées par les acteurs du bâtiment. Il faut, en particulier, une concertation élargie dès le début du projet.

bois

L'appel national à manifestation d'intérêt « Dynamic Bois » avait été lancé en mars 2015. Objectif : mobiliser plus de bois et mieux valoriser la forêt, dans le respect de la gestion durable de la forêt d'une bonne articulation des usages. La liste des lauréats a enfin été dévoilée fin 2015...
24 projets de mobilisation du bois ont été retenus, répartis sur le territoire français : impliquant environ 200 acteurs de la filière bois et plusieurs milliers de propriétaires forestiers pour une mobilisation de bois supplémentaire estimée à un peu plus de 4 millions de m3 sur 3 ans.
Lors de l'édition 2015, le projet de Rouen métropole a été le seul retenu en Haute-Normandie. Il inclut un volet sur la valorisation du bois bocager porté par les Défis Ruraux. Nous travaillerons donc au cours des 3 prochaines années à l'intégration de bois bocager dans les plans d'approvisionnement de chaudières de la Métropole rouennaise. 

Les Défis Ruraux en partenariat avec l'agglomération de Dieppe-Maritime et le Conseil Départemental de Seine-Maritime proposaient, le 4 novembre, un après-midi de visites et de rencontres sur le sujet du chauffage collectif au bois.

Cette rencontre a attiré une quinzaine de personnes. Principalement des élus des communes de Grèges, Ancourt, Varengeville et Bouville en réflexion sur des projets similaires.
La première visite avait lieu à la nouvelle école de Longueville-sur-Scie au sein de laquelle une chaudière à bois déchiqueté de 100 Kw a été installée en sous-sol associée à un silo enterré et carrossable de 50 m³. Cette chaudière qui vient d'être mise en service chauffera à terme 5 bâtiments pour une surface de près de 3000 m². Ce projet en plus de la rénovation thermique des bâtiments anciens permettra à la commune de faire d'importantes économies dans ses charges de fonctionnement. Ce projet a été rendu possible grâce, entre autres, à un niveau de subventions de la part des pouvoirs publics (Région, Département et État). Philippe Dilard, agriculteur à Cressy, assurera l'approvisionnement des 70 tonnes annuelles de bois bocager issues de l'élagage des haies du territoire. L'attention a été portée sur l'importance de la programmation et du suivi des travaux par le conseiller en énergie partagé.

Les déchetteries collectent un volume important de « déchets verts » qui représente un coût élevé pour la collectivité en transport et en traitement. Aujourd'hui ces déchets sont la plupart du temps broyés et compostés dans des plateformes dédiées, parfois situées dans des exploitations agricoles. D'un point de vue énergétique, ces déchets pourraient être bien mieux valorisés si on séparait à la source :

  • la fraction ligneuse (bois = 10 % du total) pour l'envoyer en chaufferie
  • les parties vertes (tontes de gazon et feuillages = 90 % du total) qui peuvent être valorisées dans un process de méthanisation.

Afin d'évaluer les conditions de développement du bois énergie issu des déchets verts, nous avons pris contact avec plusieurs déchetteries de Seine-Maritime.

Voici le fonctionnement adopté par les collectivités rencontrées :

Au cours de l'année 2014, ce sont quatre chaufferies collectives rurales qui sont entrées en fonctionnement. L'une d'entre elles, dans la commune des Loges, a la particularité d'être installée dans un conteneur préfabriqué. Outre un temps de mise en place raccourci, cela permet de simplifier la démarche administrative du permis de construire.

Les LogesLes Loges. En l'absence d'espace disponible dans les locaux, l'option « conteneur pré-fabriqué » a permis, pour un coût plus faible qu'un bâtiment dédié, de raccorder l'école et un logement pour une surface totale de 520 m² sur une chaudière OKOFEN de 45 kW. Le budget d'investissement global est de 53 000 € HT.

Bellencombre. Il s'agit d'une chaufferie aménagée dans un garage devenu inutile. La chaudière à granulés Guntamatic de 50 kW chauffe une école de 500 m². L'investissement de 42 000 € HT comprend une programmation par zone. L'investissement a été porté par la commune mais la gestion sera assurée par le SIVOS, responsable de la gestion de l'école.

Le Mesnil-LieubrayLe Mesnil-Lieubray. Pour un budget de 28 000 € HT, la commune a raccordé la mairie, l'ancienne école et un logement avec une régulation distincte pour chaque zone sur une chaudière à granulés OKOFEN de 25 kW. La surface totale chauffée est de 200 m². Le maire de la commune souhaite mettre en place un groupement d'achats avec les autres communes équipées de chaudière à granulés sur le Pays de Bray afin d’obtenir de meilleurs tarifs.

Gaillefontaine. La chaufferie à bois déchiqueté de 130 kW raccordée au groupe scolaire du SIVOS du Bray Est est un projet qui date de 2011. Il s'est achevé et est rentré en phase d'essais fin 2014. La chaufferie aménagée dans un ancien garage est reliée à 3 bâtiments par un réseau de 150 mètres de long. Le budget de ce projet est de 280 000 € pour une surface chauffée d'environ 2500 m².
Des problèmes de formation de mâchefer dans le foyer et de poussières dans la chaufferie sont encore à résoudre lors de cette phase de réglages.

La CUMA Haie'nergie et territoire s'est enfin équipée, courant décembre 2014, d'une déchiqueteuse Musmax qui tournera toute l'année sur la région Haute-Normandie et même certains territoires limitrophes.

La CUMA en chiffres :

  • Production moyenne : 40 m³/heure ou 13 tonnes/heure. en Granulométrie 30 mm, jusqu'à 80 m³/heure en G 80 mm
  • Prix de vente : entre 45 € HT et 60 € HT / tonne verte
  • Tarif prestation : 260 € HT / heure rotor, tout compris (approche, chauffeurs et carburant).
  • Nombre de membres : 40 agriculteurs pour le moment

Contact : Philippe Dilard, président (06.61.85.01.53)